Retour d’expérience

Premier échange de moniteur entre DHH et Les Glénans

échange DHH

Un retour sur cet échange par Jean-Pierre Glasser, Président des Glénans

Suite à une initiative du DHH (Deutsche Hochseesportverband Hansa), nous participons depuis 3 ans à une régate amicale en mer Baltique. C’est surtout l’occasion de procéder à des rencontres et à des échanges techniques et pédagogiques avec d’autres écoles de voile européennes. Je suis convaincu que nous avons tout intérêt à multiplier les échanges, voire les partenariats avec nos équivalents européens et retrouver ainsi les aspirations fondamentales des fondateurs des Glénans. Il se trouve que le DHH est une très ancienne école de voile dont le fonctionnement et les valeurs sont très proches de ceux des Glénans. Il y a déjà quelques mois, nous avions souhaité avec les responsables du DHH, procéder à des échanges de moniteurs. J’en ai fait part lors des deux dernières AG des moniteurs et par le biais de différents Courriers et « Newsletters ».

En juillet à Fort Cigogne, tout à fait par hasard, j’ai eu le plaisir d’encadrer un stage Azur avec Karoline Otting, monitrice allemande envoyée par le DHH. Christine Fourichon présente elle aussi à la même période en tant que formateur régional, tuteur de moniteurs stagiaires, nous a souvent secondés. A la fin de la première semaine de son séjour, nous avons demandé à Karoline de nous faire part de ses premières impressions. Depuis Karoline a elle-même écrit un très long article enthousiaste dans la revue du DHH « Der blaue Peter » qu’elle a intitulé « Vive le voile en France ».

Je rajouterai pour ma part que Karoline s’est révélée une excellente monitrice, que Christine et moi avons été ravis d’encadrer à ses côtés, qu’elle nous a fait bénéficier de sa si sympathique présence et qu’elle a fait l’unanimité auprès des stagiaires.

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Le souhait du Conseil d’administration des Glénans est que cette première expérience d’échange de moniteurs se développe et prenne de l’ampleur. J’invite donc tous les moniteurs/monitrices se débrouillant quelque peu en allemand et qui souhaiteraient passer 15 jours ou plus, en mer Baltique à Glücksburg (une centaine de kilomètres au nord de Hambourg) à se manifester auprès du service encadrement.

KarolineInterview de Karoline OTTING monitrice DHH

As-tu éprouvé des difficultés d’adaptation ?

La seule difficulté a porté sur la langue : je parle bien français mais il m’a fallu un petit laps d’adaptation pour être à l’aise avec les termes techniques. Ce qui m’a facilité la vie est d’avoir pu naviguer les premiers jours avec Clotilde, maîtresse de maison qui parlait allemand. Mais pour le reste la voile est un langage universel. En Allemagne, nous naviguons effectivement sur d’autres types de bateaux. Mais le 5.7 est un bateau d’apprentissage très facile à manœuvrer qui est assez proche de notre Hanseaten-kieljollen.
En revanche, la navigation est assez différente de celle que nous pratiquons en mer Baltique : il faut s’occuper de la marée, faire attention aux rochers, procéder à des prises de coffre, éviter tous ces nombreux bateaux qui sont au mouillage. Mais finalement, cela se met en place sans problème.

Qu’est-ce qui t’a le plus étonné ?

Les conditions de vie : nous avons, nous aussi, un fonctionnement collectif mais pas à ce point : en particulier, en ce qui concerne la gestion de la cuisine et celle des sanitaires. Mais là aussi on s’y habitue. Au fond, c’est comme en croisière !

Les conditions d’hébergement en dortoirs me sont apparues assez rustiques, alors qu’au DHH, nous disposons de chambres de 4 à 6 places bien confortables. De même, nous ne sommes pas habitués à la mixité de l’hébergement : entre stagiaires et moniteurs ; entre filles et garçons.

J’ai aussi trouvé que les repas du soir étaient pris assez tardivement ce qui ne permet pas aux moniteurs de naviguer entre eux en soirée.

Enfin, les réunions moniteurs sont chez nous bien plus directives en matière de programme et d’organisation.

En conclusion

Transmettre la passion de la voile et qui plus est, avec d’autres publics, dans d’autres environnements et à l’étranger, est une expérience extraordinairement enrichissante. C’est intéressant aussi de voir comment cela se passe dans d’autres écoles de voile ; de voir par exemple qu’une structure comme Les Glénans est bien moins stricte que le DHH et que pourtant ça marche. Et puis, il faudrait aussi parler de la richesse des échanges avec d’autres jeunes, et moins jeunes moniteurs, avec les autres bénévoles en particulier les maitres et maitresses de maison.

Incontestablement, nous avons tous intérêt à voir ces échanges se développer et prendre un réel essor !

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